Pourquoi l’examen d’un enfant est différent de celui d’un adulte
Un enfant ne se plaint presque jamais de mal voir : il n’a pas de point de comparaison. L’examen doit donc détecter ce que l’enfant ne dit pas. Par ailleurs, son cristallin est très souple et accommode fortement : sans bloquer cette accommodation, une hypermétropie peut être totalement masquée et un enfant myope peut paraître plus myope qu’il ne l’est réellement. C’est la raison d’être des gouttes.
Étape 1 — Le bilan orthoptique (15 à 20 min)
L’orthoptiste reçoit l’enfant en premier. Elle mesure :
- l’acuité visuelle de chaque œil séparément, avec des tests adaptés à l’âge (dessins ou E de Snellen dès 3-4 ans, lettres ou chiffres dès le CP) ;
- l’alignement des yeux (test de l’écran, reflets cornéens) pour rechercher un strabisme, même intermittent ;
- a motilité oculaire et la vision binoculaire (vision du relief, convergence) ;
- la réfraction automatique à l’autoréfractomètre, indicative avant cycloplégie.
Étape 2 — Les gouttes de cycloplégie
Chez l’enfant, la référence internationale pour mesurer la correction est la réfraction sous cycloplégie. En France, le produit utilisé à partir de 1 an est le cyclopentolate 0,5 % (Skiacol®), instillé 3 fois à 5 minutes d’intervalle ; l’effet maximal est obtenu 45 à 60 minutes plus tard. Le tropicamide seul est insuffisant chez l’enfant. L’atropine, plus puissante mais d’action prolongée (jusqu’à 10 jours), est réservée à des cas particuliers (strabisme accommodatif, nourrisson).
Effets attendus et transitoires : vision de près floue et éblouissement pendant 6 à 24 heures, rougeur discrète des joues chez certains enfants. Les contre-indications sont rares (antécédent de convulsions non contrôlées pour le cyclopentolate) et vérifiées avant l’instillation.
Conseils pratiques : venez avec des lunettes de soleil ou une casquette, prévoyez une activité calme après la consultation et évitez de programmer une évaluation scolaire le même jour.
Étape 3 — L’examen par l’ophtalmologiste
Une fois la cycloplégie obtenue :
- Skiascopie et réfraction : mesure objective de l’hypermétropie, de la myopie et de l’astigmatisme, puis affinement subjectif chez l’enfant coopérant.
- Examen à la lampe à fente : paupières, conjonctive, cornée, cristallin.
- Fond d’œil : la pupille dilatée permet d’examiner la rétine et le nerf optique, ce qui fait partie de tout premier examen complet.
- Décision : prescription ou non de lunettes selon des seuils qui dépendent de l’âge et de l’existence d’un strabisme ou d’une amblyopie.
Étape 4 — L’explication aux parents
Nous remettons systématiquement un compte rendu écrit avec la réfraction sous cycloplégie, la conduite à tenir et la date du prochain contrôle. En l’absence d’anomalie, un contrôle tous les 2 ans est habituellement suffisant chez l’enfant scolarisé ; il est annuel en cas de correction, d’amblyopie traitée ou de myopie évolutive.
Quel rythme de suivi pour un enfant ?
Le carnet de santé prévoit un examen de la vision aux consultations obligatoires de la petite enfance, puis à 6 ans. Les recommandations françaises et américaines convergent : un enfant sans facteur de risque doit avoir eu au moins une mesure d’acuité visuelle avant 6 ans, puis un contrôle régulier tout au long de la scolarité. Chez les enfants ayant des antécédents familiaux de strabisme, d’amblyopie ou de forte amétropie, ou nés prématurés, le suivi est plus rapproché.
Au cabinet Vision Santé Paris, les enfants sont reçus à partir de 5 ans, sur rendez-vous, par le Dr Carolina Piras au 4 boulevard Diderot (Paris 12e, Gare de Lyon) et par le Dr Emna Blagui au 3 avenue de Taillebourg (Paris 11e, Nation). Le bilan orthoptique est réalisé sur place le même jour. Merci de signaler à la prise de rendez-vous qu’il s’agit d’un enfant : le créneau réservé est plus long.








0 commentaire